L'histoire de MAUZAC

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Mauzac, un ancien fort sur les bords de Garonne

La toponymie, ou étude des noms de lieux, s'accorde à dire que les noms se terminant par ac sont d'origine gallo-romaine. A Mauzac, un certain Marciagus devait posséder un domaine suffisamment important pour donner son nom au village qui naît au Moyen-Age et devient possession des comtes de Comminges. Mais ce propriétaire gallo-romain n'était pas le premier occupant des lieux. La présence d'outils du paléolithique dans les champs des collines dominant le village et d'un habitat en éperon barré, daté de l'âge du bronze, au lieu-dit " La croix de Mauzac ", prouve que les hommes de la préhistoire s'étaient déjà installés ici, comme dans toute la plaine de la Garonne.

En 1256, le comte Bernard VI de Comminges échange ses terres de Mauzac contre d'autres appartenant au seigneur Hunaud de Lanta (village du Lauragais). Les Hunaud de Lanta attachent leur nom à une période tragique de l'histoire régionale en prenant les armes contre les Croisés lors de la Croisade contre les Albigeois. Leurs faits d'armes sont relatés dans la Chanson de la croisade. Trois femmes de la famille, Corba, sa sœur Marquesia et sa fille Esclarmonde, périssent dans le bûcher de Montségur en 1244.

En 1262, Guilhem Hunaud de Lanta accorde une charte de coutumes aux habitants du bourg, qui commencent à se dégager de l'emprise seigneuriale. Mais les conflits entre la Communauté et le Seigneur alimenteront la chronique locale pendant des siècles. En 1646 et 1710 encore, le Seigneur de Mauzac veut remettre des banalités sur le moulin et le four et conteste le droit de justice de la communauté. Mais les habitants obtiennent gain de cause.

La seigneurie de Mauzac se divise au XVème siècle et l'on voit apparaître les noms de Villemur et d'Ariès. Le château féodal, bâti sur la rive gauche, est ensuite vendu aux Araignon de Villeneuve, barons du Fousseret. Ruiné, il est acheté en 1814 par Philippe Domenc. Fin des années 1850, Emile Blanchard, peintre ariégeois, et sa soeur Elisa héritent de leur oncle. Ils vont agrandir et entretenir le château qui aura alors l'apparence actuelle. A côté, se trouve un autre château, jadis occupé par les Soeurs de l'ordre de Malte, dites Dames Maltaises, et qui conserve en soubassement une série d'amples caves voûtées.

Sous l'Ancien Régime, Mauzac appartenait au diocèse de Rieux, à la Châtellenie de Muret, à l'Election de Comminges et à la Généralité d'Auch, à partir de 1716.

Le village était fortifié (le dernière tour fut démolie en 1816). Il s'étend sur les deux rives de la Garonne qui, dès 1487, étaient réunies par un bac. D'abord propriété du Seigneur, il fut entretenu par la Communauté à partir de 1660. En 1774, le droit accordé aux habitants de Mauzac de tenir un bac est confirmé par le roi.

En 1790, l'âge moyen des gens décédés à Mauzac est de 22 ans. La mortalité infantile et juvénile est très importante.
A la meunerie, Mauzac ajoute au XIXème une importante activité née du fleuve. Le village devient un port important sur la Garonne, quand les bateliers montaient et descendaient le fleuve entre Cazères et Toulouse. La " rue des ases ", rue des ânes, (aujourd'hui impasse du Bac) voit passer des convois de quadrupèdes transportant les marchandises débarquées (et notamment du blé vers le moulin établi par le Seigneur en 1472) et des marins venant se restaurer à l'auberge.

Parmi les monuments remarquables du village, l'église dédiée à Saint-Etienne occupe une place de choix. Construite au XVème ou XVIème siècle, elle possède un remarquable décor intérieur, récemment restauré, offert au XVIIIème siècle par un curé esthète, l'abbé Latour de Lordat, mort à l'âge de 28 ans et enterré sous le porche. Le retable a été classé monument historique en 1965. L'orgue, construit autour des années 1880, possède un buffet Napoléon III et a été remanié par le célèbre facteur d'orgue Puget en 1912. L'église compte onze cloches ; dont l'une, fondue en 1608, a été classée juste avant la première guerre mondiale pour lui éviter d'être fondue. Le cimetière entourait l'église.
La halle-mairie fut édifiée en 1865 par Sylvain de Saint-Geniès, géomètre-architecte et châtelain à Mauzac.

L'inondation de 1875 emporte le moulin et son ramier de 210 ares. Deux arches du pont en construction sont arrachées.

En 1885, Mauzac a un garde-champêtre, un prêtre, un instituteur, une institutrice, deux cantonniers et un buraliste. La diligence Montesquieu-Toulouse effectue quatre fois le trajet par semaine et s'arrête au village. Parmi les hommes célèbres de Mauzac, on trouve Geraud Cavailler, baron de Pomarède, descendant des Seigneurs de Mauzac, qui s'illustre comme soldat sous la Révolution et sous l'Empire, en tant qu'aide de camp de Masséna.

Quatorze soldats mauzacais sont morts pendant la guerre de 14-18. Leurs noms sont inscrits sur le monument aux morts.
Une grande partie du territoire communal (125 hectares) est occupé par une ancienne poudrerie nationale, qui accueille aujourd'hui la soufflerie de l'ONERA (Office de recherches et d'études aérospatiales).

En 1939, un camp fut édifié pour héberger les travailleurs, Français et Espagnols, de la Poudrerie. En novembre 1943 et jusqu'à la Libération, il passe sous autorité allemande.

La démographie du village n'a cessé de décroître jusqu'en 1975, où l'on comptait 377 habitants, dont 162 actifs qui appartenaient aux catégories socioprofessionnelles suivantes : 26 agriculteurs, 4 salariés agricoles, 17 patrons industries et commerces, 6 cadres supérieurs et professions libérales, 22 cadres moyens, 57 ouvriers, 4 personnel de service et 215 inactifs.

Cette diminution a résulté de la conjonction d'un solde migratoire et d'un excédent naturel négatif. La tendance s'est inversée depuis, avec la construction de nombreux lotissements. Mauzac fait désormais partie de la troisième couronne toulousaine.

Evelyne CASTERA