L'histoire de Mauzac

Mauzac, un ancien fort sur les bords de Garonne

 

La dénomination de la ville

La toponymie, ou étude des noms de lieux, s'accorde à dire que les noms se terminant par -ac sont d'origine gallo-romaine.

De la préhistoire à l’Antiquité

 

A Mauzac, un certain Marciagus devait posséder un domaine suffisamment important pour donner son nom au village qui naît au Moyen-Âge et devient possession des comtes de Comminges.

Mais ce propriétaire gallo-romain n’était pas le premier occupant des lieux. La présence d’outils du paléolitihique dans les champs des collines dominant le village et d’un habitat en éperon barré, daté de l’âge de bronze, au lieu-dit « La croix de Mauzac », prouve que les hommes de la préhistoire s’étaient déjà installés ici, comme dans toutes les plaines de la Garonne.

 

Au Moyen-Âge

 

En 1253, le comte Bernard VI de Comminges échange ses terres Mauzacaises  avec celles de Mondavezan et Hunaud de Lanta devenant ainsi le seigneur du lieu.

Les Hunaud de Lanta attachent leur nom à une période tragique de l'histoire régionale en prenant les armes contre les Croisés lors de la Croisade contre les Cathares. Leurs faits d'armes sont relatés dans la Chanson de la croisade.

Trois femmes de la famille, Corba, sa sœur Marquesia et sa fille Esclarmonde, périssent dans le bûcher de Montségur.

En 1262, Guilhem Hunaud de Lanta accorde une charte de coutumes aux habitants du bourg, qui commencent à se dégager de l'emprise seigneuriale. Le seigneur  possède  à la rive gauche de Mauzac : un château, un bateau (1262) et un moulin (1273).

 

A la Renaissance

 

La seigneurie de Mauzac se divise au XVIème siècle avec un nouveau château  qui appartiendra  aux de Touges pendant plus d’un siècle puis deviendra la propriété des Dames maltaises jusqu’à la Révolution.

Dans ce nouveau château on trouve en soubassement une série d'amples caves voûtées.   

De nombreux propriétaires tels que les Hunaud, Villemur et Sers… se succèderont dans ce château seigneurial.  Celui-ci est ensuite vendu aux Araignon de Villeneuve, barons du Fousseret.

Les conflits entre la Communauté et le Seigneur d’une part et les différents entre les Dames maltaises et les Consuls d’autre part alimenteront la chronique locale pendant des siècles.

En 1646 et 1710 encore, le Seigneur de Mauzac veut restaurer des banalités sur le moulin et le four et conteste le droit de justice de la communauté. Mais les habitants obtiendront gain de cause.

En 1790, l'âge moyen des gens décédés à Mauzac est de 22 ans. La mortalité infantile et juvénile est, de ce fait, très importante.

A l’Époque Contemporaine

 

Ruiné, le château est acheté en 1814 par Philippe Domenc. A la fin des années 1850, Emile Blanchard, peintre ariégeois, et sa sœur Elisa héritent de leur oncle. Ils vont reconstruire en partie le château qui prendra  alors l'apparence actuelle.

A la meunerie, Mauzac ajoute  une importante activité née du fleuve.

Le village devient un port important sur la Garonne, quand les bateliers montaient et descendaient la Garonne, entre Cazères et Toulouse.

La " rue des ases ", rue des ânes, (aujourd'hui « impasse du Bac »), voit passer des convois de quadrupèdes transportant les marchandises débarquées et des marins venant se restaurer à l'auberge.

 

Lors de l’Ancien Régime

 

Sous l’Ancien Régime, Mauzac appartenait au diocèse de Rieux, à la Châtellenie de Muret, à l'Election de Comminges et à la Généralité d'Auch, à partir de 1716.

Le village était fortifié le long de la Garonne. La dernière tour fut démolie en 1816.

 

Au temps actuel

 

En 1939, un camp fut édifié pour héberger les travailleurs, français et espagnols, de la Poudrerie. En novembre 1943 et jusqu'à la Libération, il passe sous autorité allemande.

La démographie du village n'a cessé de décroître jusqu'en 1975.

On comptait 377 habitants, dont 162 actifs qui appartenaient aux catégories socioprofessionnelles suivantes : 26 agriculteurs, 4 salariés agricoles, 17 patrons industries et commerces, 6 cadres supérieurs et professions libérales, 22 cadres moyens, 57 ouvriers, 4 personnels de service et 215 inactifs.

Cette diminution a résulté de la conjonction d'un solde migratoire et d'un excédent naturel négatifs.

Depuis, la tendance s'est inversée, Mauzac fait désormais partie de la troisième couronne toulousaine.

Les monuments qui font l’âme du village

 

Parmi les monuments remarquables du village on dénombre :

  • l'Église dédiée à Saint-Étienne, elle occupe une place de choix. Construite au XVème ou tout début du XVIème siècle, elle possède un remarquable décor intérieur, récemment restauré, offert au XVIIIème siècle par un curé esthète, l'abbé Latour de Lordat, mort à l'âge de 28 ans et enterré sous le porche. Le retable a été classé monument historique en 1965.

L'Église compte, également, onze cloches dont l'une, datant de 1608, a été classée juste avant la première guerre mondiale pour lui éviter d'être fondue. On peut y voir  aussi le mécanisme de l’horloge du XVIIème siècle restaurée à l’initiative de l’association  Patrimoine Mauzacais. Le cimetière entourait l’Église

  • L'orgue, construit autour des années 1880, possède un buffet Napoléon III et a été remanié par le célèbre facteur d'orgue Puget en 1912.

Par ailleurs, un projet de rénovation aura lieu dans le courant des années 2021-2022.

  • La halle-mairie fut édifiée en 1865 par Sylvain de Saint-Geniès, géomètre-architecte et châtelain à Mauzac.
  • L'inondation de 1875 emporte le moulin et son ramier de 210 ares. Deux arches du pont en construction sont arrachées.

En 1885, Mauzac a un garde-champêtre, un prêtre, un instituteur, une institutrice, deux cantonniers et un buraliste.

La diligence Montesquieu-Toulouse effectue quatre fois le trajet par semaine et s’arrête au village.

Les hommes Mauzacais

 

 Parmi les personnages célèbres de Mauzac, on trouve :

  • Geraud Cavailler, baron de Pomarède, descendant des seigneurs de Mauzac. Il s'illustre comme soldat sous la Révolution et sous l'Empire, en tant qu'aide de camp de Masséna.

Autres personnes remarquables :

  • Le colonel Honoré Carrière (1794-1867) qui, a eu, à son actif six campagnes, dont celles de  France, d’Espagne, d’Algérie... Conseiller général, il  s’est consacré entre autre à la sériciculture et  la pisciculture .
  • Quatorze soldats Mauzacais, morts pendant la guerre de 14-18. Leurs noms sont inscrits sur le monument aux morts.

La particularité Mauzacaise


Une grande partie du territoire communal (125 hectares) est occupé par une ancienne poudrerie nationale, qui accueille aujourd'hui la soufflerie de l'ONERA (Office de recherches et d'études aérospatiales).

 

Evelyne Castera et Mesmin Campagne -  Patrimoine Mauzacais-